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Quand je serai grande…
"Souvent
on a une passion, on aimerait en vivre et pourtant…
c’est bien sans compter sur les commentaires et bons
conseils de nos proches, et le destin!
On propose des métiers qui nous plairaient :
« qu’est-ce que vous pensez de monitrice d’équitation
?
- mais ce n’est pas un métier pour toi !
- alors designer ou architecte ?
- il n’y a pas de débouchés !
- et vétérinaire ?
- c’est bien trop difficile ! »
etc.
Alors
on cherche encore et finalement, c’est le chemin de
la vie qui nous conduit.
J’avais
le choix en fin de 2nde entre une filière littéraire
ou scientifique. Mais avec un an de retard dû à
une année passée à l’étranger,
je choisis la facilité (pour moi) : « L »,
pour être sûre de ne plus perdre d’année.
En terminale, je décide d’être quand
même vétérinaire : il y a des possibilités
en Hongrie (Maisons-Alfort aurait rit en recevant mon dossier
!), où je pars une fois le bac en poche.
Là-bas, une année de prépa biologie-chimie
assez déprimante, puisque je suis seule, avec des
cours dans une autre langue et sans les bases scientifiques…j’abandonne.
Que faire ?
En attendant les inscriptions en fac, j’enchaîne
des petits boulots comme garde d’enfants, cours particuliers,
même palefrenier !
J’apprends qu’à l’INALCO, à
Paris, on peut faire des études de hongrois (LLCE)
; je m’y inscris, encore par facilité : je
pourrai faire reconnaître par un diplôme ces
années passées là-bas !
Et puis on me propose les Arts plastiques à Saint-Denis
(Paris 8) où je m’inscris aussi, puisque pour
être instit par la suite, ça peut être
pas mal…
J’obtiens les licences puis je repars pour la Hongrie,
cette fois avec une bourse Erasmus. Je ne me doutais pas
que j’allais y découvrir un métier fabuleux…
On me demande de donner des cours de français à
des ados en lycée, et à des universitaires
! Au début c’est un peu la panique, parce que
je n’ai aucune expérience, ni formation, mais
j’accepte et je trouve ma « voie ».
Mais je dois retourner en France. Alors je m’oriente
vers des études de FLE (Français Langue Etrangère).
Entre-temps la vie continue et nous décidons de nous
marier, d’avoir un enfant. Et oui, il faut aussi compter
avec un compagnon, une vie privée, en parallèle
aux études !
Aujourd’hui,
je suis fière de dire que je suis professeur des
écoles, mais si un jour nous partons à l’étranger
je pourrai toujours enseigner le français…
C’est pas mal d’avoir plus d’une corde
à son arc !
Johanna DACQUIN
Professeur des écoles
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