Guillaume DIDI

« Premier jour de grec ancien. C’était pour moi le début d’un apprentissage de 3 ans. L’ouverture à une culture entière, notre culture.

Le choix du grec ancien était celui de la curiosité. Je voyais la matière comme un complément. D’abord, l’apprentissage de l’alphabet ou la lecture de l’Iliade ont effectivement donné l’image d’une matière subsidiaire qui faisait figure d’option.

C’est après un an de grec ancien, et l’approche du bac de français que s’est révélée toute la richesse de la discipline. D’une part la traduction de textes antiques – que nous débutions – a élargi les champs du langage, d’autre part, les commentaires de ces textes m’ont donné une nouvelle approche de leur compréhension.

Je peux dire aujourd’hui que le grec ancien m’a bien plus servi que le français pour me préparer au bac de français. La matière optionnelle est devenue fondamentale. Plus encore en terminale, où arrive avec fracas l’enseignement de la philosophie. C’est face à cette nouvelle science que je saisis une citation du philosophe Alfred N. Whitehead: « La philosophie occidentale n’est qu’une suite de notes de bas de page aux dialogues de Platon. »

Aujourd’hui j’étudie à Sciences Po Paris, et à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne pour une licence de mathématiques appliquées. Dans ce cursus multidisciplinaire, le grec ancien est un axe transversal. De l’algèbre linéaire où l’on se perd rapidement au milieu des α, ψ, γ et autres Σ, à la science politique dont Aristote et Platon ont posé les jalons, le grec ancien est toujours présent. Ce cursus est aussi sélectif. Il faut faire la différence, ce qui est de plus en plus difficile dans l’enseignement supérieur. Grâce au grec ancien, on peut se démarquer.

Mais le grec ancien, ce n’est pas qu’une matière au service des autres. C’est le noyau dur au fondement de toutes les sciences que nous étudions aujourd’hui. C’est la langue qui a forgé la démocratie, la justice, la politique, le bien commun, la vérité… autant de notions que nous ne pouvons pleinement comprendre indépendamment du langage dans lequel elles ont été élaborées, à présent j’en suis convaincu. »

Guillaume DIDI

Bac S 2016 mention très bien